Mère de Srebrenica
Le Musée de la Paix de Gernika, en collaboration avec Ars Aevi – Musée d’art contemporain de Sarajevo, présente l’œuvre « Mère de Srebrenica » pour commémorer la journée internationale du souvenir du génocide de Srebrenica (juillet 1995).
La photographie d’Almin Zrno © , qui représente une mère anonyme et affligée après le génocide de Srebrenica, sera exposée pendant quelques mois au Musée de la Paix de Gernika, accompagnée d’un texte explicatif de Fehim Hadžimuhamedović.
Installation de l’œuvre « Mère de Srebrenica » pour commémorer la Journée internationale du souvenir du génocide de Srebrenica.
L’INNOMMABLE
Le pathos de Srebrenica et de ses photographies
Tout discours sur l’Innommable est vain et dénué de sens. Cependant, puisque l’Innommable représente une composante secrète de son être et que le discours est sa destinée, l’homme a, tout au long de son histoire, mis en place une stratégie indirecte de discours médiatisé sur l’Innommable. (…) Le langage semble insuffisant et dénué de sens, ses métaphores s’effondrent face à la tragédie dont la médiation ne peut le sauver, ses symboles fuient devant la brutalité de la vérité, apparaissant comme inadéquats. Le discours et le logicisme du langage apparaissent comme une formalité superficielle. Le silence qui subsiste après Srebrenica est significatif. Une photographie de Srebrenica – celle d’une femme au visage impassible – prive celui qui la regarde de toute capacité à s’exprimer. Cette photographie, prise par Almin Zrno, comme aucune autre photographie ni aucun autre discours, ne reflète que l’indicible concernant Srebrenica.
La femme sur la photographie est une personne vivante – mais tout ce que nous appelons « la vie » l’a abandonnée. Elle n’est plus qu’un simple vestige d’un monde éphémère et matériel. Même ses vêtements sont purement matériels, dominés par les motifs décoratifs et les imprimés, tout comme les rides profondes et tendues dominent son visage complètement ratatiné. Sa vie s’est effondrée et s’est enfoncée en elle. Tout y est immergé : les sentiments, la douleur, les pensées, ainsi que chaque son et chaque lumière du monde extérieur – cette femme n’est plus là. Le spectateur découvre l’horreur, qui devient la sienne : « Femme au foulard noué, au visage impassible, sans yeux… » En elle, dans son univers, il n’y a plus de lumière ; celle-ci ne peut plus l’atteindre. Le monde entier, la vie tout entière, se sont effondrés et ont sombré ; ils se sont évanouis à l’intérieur de cette femme, dans son for intérieur. (…). Sans aucun doute, la photographie sans titre d’Almin Zrno, représentant une femme anonyme de Srebrenica, constitue une œuvre anthologique d’une portée mondiale. Cette photographie interprète le destin particulier d’un individu, mais aussi celui de Srebrenica et de la Bosnie. Elle exprime en même temps un pathos intemporel, une tragédie qui transcende les interprétations rationnelles du monde.
Texte de Fehim Hadžimuhamedović.
zuzendaritza@bakearenmuseoagernika.eus
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Mère de Srebrenica
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Camps d’été (2025)
Le département éducatif du Musée de la Paix de Gernika, en collaboration avec la communauté des services sociaux de Busturialdea, a organisé des camps d’été pour les enfants en septembre.
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